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CYBERTERRORISME – Une menace bien réelle

Des dizaines de sites web d’institutions américaines et sud-coréennes ont été la cible depuis la semaine dernière de cyberattaques répétées. Si les dégâts sont mineurs, l’offensive prouve la vulnérabilité des réseaux. Pour contrer ce cyberterrorisme grandissant, la France se dote d’un nouvel organisme de protection.

Des cyberterroristes (AFP) ont profité de la fête nationale américaine le 4 juillet pour célébrer à leur manière l’indépendance des Etats-Unis. En saturant les connexions de programmes malveillants, à partir d’ordinateurs infectés à l’insu de leurs propriétaires, ils ont réussi à paralyser cinq sites web d’agences gouvernementales américaines. Mais depuis les cyberattaques ne faiblissent pas et touchent de plus en plus de sites d’agences publiques et d’entreprises d’outre-atlantique. Ainsi les sites de la Maison-Blanche, du Pentagone, du département d’État, de l’Agence de sécurité nationale, du département de la Sécurité intérieure, du Secret Service, de la Bourse de New York, du Nasdaq ou encore du Washington Post ont été touchés. Si certains sites comme celui de la Maison-Blanche ont bien su faire face, d’autres ont été complètement bloqués par ces attaques."Nous sommes désorganisés. Face à une attaque, certains organismes ne sont pas capables de se défendre" a expliqué James Lewis, du Center for Strategic and International Studies.

Une offensive nord-coréenne ?
Ces attaques ciblées n’ont pas seulement visé les Etats-Unis, des dizaines de sites sud-coréens en ont également été victimes. Pour les services de renseignement sud-coréens (NIS), le coupable ne peut être que sa sœur ennemie : la Corée du Nord. Le timing est en effet parfait, les cyberattaques ont démarré juste après l’annonce par Séoul d’une participation avec les Etats-Unis à un exercice commun de défense contre la piraterie informatique. Washington reste lui plus prudent. "Rien de ce que je sais ne le confirme", a déclaré Ian Kelly, un porte-parole du département d’Etat. "D’après la manière dont ce logiciel malveillant a été conçu, on a l’impression qu’un type l’a bricolé au fond de son garage pendant le week-end. Mais c’est peut-être à ça que ressemble l’unité de cyber-guerre nord-coréenne" a, quant à lui, analysé Johannes Ullrich, du SANS Internet Storm Center, un organisme spécialisé dans la sécurité informatique. La méthode opératoire était en effet assez rudimentaire, de quoi bloquer les réseaux américains et sud-coréens mal-protégés mais sans pour autant accéder à des contenus classifiés.

La France se protège
Le cyberterrorisme, moyen discret et peu coûteux, inquiète de plus en plus les nations craignant des attaques de grande envergure. La France n’est d’ailleurs pas épargnée par le phénomène cybercriminel. La dernière cyberattaque dans l’Hexagone en date a eu lieu au premier trimestre 2009. La guerre informatique (offensive et défensive) figure parmi les priorités stratégiques de la France pour les quinze ans à venir énumérées par le Livre blanc sur la défense et sécurité publié en juin 2008. La France vient de se doter dans ce cadre d’un nouvel outil : l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. L’Anssi, qui prend le relais de la direction centrale de la sécurité des systèmes d’information (DCSSI), sera chargée de la surveillance et de la protection 24h/24 des réseaux de communication de l’Etat et sera en étroite collaboration avec ses homologues européens. Les Etats-Unis devraient également emboîter le pas, Barack Obama souhaitant doter rapidement son pays d’une agence similaire.

Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mardi 14 juillet 2009