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Symantec est accusé de vendre des produits micro trompeurs

Edition du 12/01/2012

Un utilisateur résidant à Washington poursuit Symantec aux Etats-Unis pour avoir surestimé l’impact des erreurs détectées par certains de ses utilitaires sur son PC.

Dans un procès engagé devant un tribunal de Californie, Symantec est accusée de concurrence déloyale et d’incitation frauduleuse pour avoir utilisé une tactique visant à faire peur aux utilisateurs et les inciter à acheter des licences pour ses utilitaires de protection. La plainte, qui peut déboucher sur une action collective, a été déposée mardi devant la Cour américaine du district nord de l’État de Californie au nom de James Gross, un client de Symantec, lui-même résident de l’État de Washington. Le litige implique trois produits du vendeur de solutions de sécurité : PC Tools Registry Mechanic, PC Tools Performance Toolkit et Norton Utilities. Les deux premiers produits sont développés par PC Tools, filiale de Symantec depuis 2008.

Tous ces programmes sont conçus pour détecter et surveiller le système d’exploitation aussi bien pour contrôler la sécurité que pour vérifier les performances, et être attentif à toute menace qui pourrait affecter le fonctionnement d’un ordinateur. Symantec distribue des versions d’évaluation de ces produits pour permettre aux utilisateurs de scanner gratuitement leurs ordinateurs à la recherche de problèmes éventuels. Selon la plainte déposée par James Gross, une équipe d’experts informatiques, mandatée par ses avocats, a établi que les versions d’évaluations avaient été programmées par le vendeur pour détecter systématiquement des problèmes de sécurité, même si l’ordinateur n’en présentait aucun. « Symantec a intentionnellement conçu des produits scareware (trompeurs) afin qu’ils détectent à chaque auscultation, et de manière extrêmement inquiétante pour l’utilisateur, des erreurs potentiellement graves, des risques de confidentialité et d’autres problèmes informatiques, indépendamment de l’état réel de l’ordinateur du consommateur, » revendique la plainte.

Des erreurs abusivement montées en épingle

Une fois l’analyse terminée, les utilisateurs sont informés que la version d’évaluation ne leur permet pas de corriger toutes les erreurs. Pour remédier à tous les problèmes identifiés, ils sont invités à acheter une licence complète. Pour cette raison, James Gross affirme que les produits vendus par Symantec tombent dans la catégorie des scareware, parce qu’ils exagèrent la réalité des dangers pour pousser les utilisateurs à acheter ces logiciels. L’équipe d’experts en informatique a également établi que les erreurs signalées comme « hautement prioritaires » par les produits de Symantec, n’étaient pas, « très loin s’en faut, des menaces crédibles susceptibles de perturber le fonctionnement d’un ordinateur, » comme l’ont précisé les avocats de James Gross dans la plainte. « À chaque fois, sur tous les ordinateurs analysés, les produits incriminés font état d’un problème sur le système, émettent des alertes sur la confidentialité et l’état des disques durs, sans effectuer aucune évaluation réelle des problèmes, » disent les avocats. « Symantec a profité et continue à profiter des modalités frauduleuses décrites ici, trompant les consommateurs et leur faisant croire que leurs ordinateurs sont gravement endommagés, et/ou présentent des risques, et que l’achat de ses scareware est nécessaire pour « corriger » ces problèmes, » disent-ils encore.

James Gross demande des dommages à Symantec, pour lui et pour tous ceux qui, particuliers ou institutions, ont acheté PC Tools Registry Mechanic, PC Tools Performance Toolkit, et Norton Utilities.

La déclaration officielle de Symantec sur cette accusation :

"Symantec does not believe the lawsuit has merit and will vigorously defend the case. The Norton and PC Tools solutions at issue are designed to improve the system performance of our customers’ devices in terms of speed, maintain the health of their machines, and protect our customers’ information. The optimization and privacy functions of these solutions fix registry errors, wipe computer usage, and shred deleted items. Some include additional functionality such as recovery tools to restore lost items. Several independent third parties have tested and reviewed these products very favorably, verifying the effectiveness of their functionality."

Il ne reste plus qu’à attendre le jugement du tribunal californien pour connaitre la suite de cette affaire qui peut déboucher sur une action collective. D’autres actions du même type pourraient se déclencher dans d’autres parties du monde où sont vendus les logiciels incriminés.

Article de Jean Elyan avec IDG NS

Source : lemondeinformatique.fr