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Surveillance via smartphone : les chiffres explosent

Suite à une requête du congrès, les opérateurs américains ont communiqué les demandes de renseignements liées au téléphone mobile opérées par la police, la justice voire certaines agences gouvernementales. Le total est supérieur à 1,3 million pour l’année 2011, en très forte hausse.

Le Parlement Français nouvellement élu pourrait s’inspirer de ses collègues américains car les résultats sont proprement ahurissants et l’on se demande si la situation est semblable dans notre pays. En effet, sommés par les représentants du Congrès, les opérateurs américains de téléphonie mobile ont délivré aux parlementaires US le nombre de demandes de surveillance de la part de la police, de cours de justice et autres agences gouvernementales. L’année dernière, le chiffre a dépassé le million trois. Et les demandes concernent le contenu de messages SMS, la localisation d’un abonné à un instant précis, les appels téléphoniques émis et reçus, etc.

Le rapport précise que les opérateurs rejettent fréquemment les demandes provenant des agences gouvernementales qu’elles considèrent comme sujettes à caution d’un point de vue légal ou non justifiées. Un opérateur est même allé jusqu’à refuser une demande en provenance du FBI. Dans l’article publié par le New York Times, ll est précisé que de tels chiffres sont si importants qu’ils surprennent même les parlementaires les plus au fait des questions de surveillance téléphonique.

Le député démocrate du Massachussets, Edward J. Markey, à l’origine de la commande de ces informations auprès des 9 principaux opérateurs américains s’avoue surpris. « Je n’aurais jamais imaginé que ce serait aussi massif », déclare-t-il dans les colonnes du NYT. Le seul opérateur AT&T répond en moyenne à 700 demandes par jour, soit trois fois plus qu’en 2007. Pour Sprint, les chiffres sont encore plus importants avec près de 1500 demandes quotidiennes.

Les opérateurs sont donc confrontés à un problème sur les garde-fous légaux qui peuvent exister entre les demandes des agences gouvernementales et la protection de la vie privée des consommateurs alors que le problème ne se pose pas lorsque la demande émane d’un tribunal. L’année dernière plusieurs affaires ont émaillé la réputation du FBI qui s’est retranché derrière un programme d’urgence décidé en 2006 alors que les demandes ne le justifiaient nullement.

Ligne jaune franchie ?

A mesure que la surveillance des téléphones cellulaires tend à devenir routinière dans le travail de la police, le député Markey s’inquiète de la protection de la vie privée. « Il y a un véritable danger que nous ayons déjà franchi la ligne jaune », déclare-t-il. De son côté, la police rétorque que cette type d’investigation est vital.

La discussion est suffisamment importante pour avoir attiré l’œil de l’American Civil Liberties Union (ACLU) qui s’occupe du respect des libertés civiles dans le pays de l’Oncle Sam. L’un des avocats de l’ACLU déclare qu’il est non seulement préoccupé par la collecte d’informations sans rapport avec un quelconque crime mais aussi par le fait que les agences conservent les données indéfiniment dans leurs bases de données. « Personne ne dit qu’il ne faut pas utiliser des outils. Mais nous disons de les employer avec des standards cohérents et d’une manière qui reconnait que ces outils peuvent vraiment impacter la vie privée des gens ».

De notre point de vue le débat est loin d’être clos et l’on souhaite qu’il s’ouvre rapidement dans notre pays.

Source : l’informaticien.com