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Des millions de virus pour une poignée de mots de passe

Adepte des records du monde avec la plus grande communauté d’internautes de la planète et d’utilisateurs de téléphones portables, la Chine est également numéro un de la création de virus informatiques.

Fin 2008, le pays était à l’origine de 11,5 % des parasites virtuels circulant sur la Toile mondiale, devançant pour la première fois les Etats-Unis. Très actifs, les designers chinois auraient développé pas moins de trois millions de virus et infecté plus de 20 millions d’ordinateurs rien que pour le seul mois d’octobre 2009, selon le producteur local de logiciels antivirus Kingsoft. D’après un autre spécialiste chinois, Rising, plus de 80 % des produits locaux seraient des chevaux de Troie ou des backdoors (portes dérobées) et 37 % seraient spécifiquement conçus pour le pays.

Si le vol d’informations sensibles est la passion de tous les hackers du monde, les Chinois cherchent surtout des données de connexion et autres biens virtuels à revendre sur un marché noir bien réel, estimé entre 10 et 100 millions d’euros pour 2009. Les consommateurs de l’empire du Milieu étant déjà réticents à utiliser des cartes de crédit en magasin, ils se méfient encore plus des paiements sur Internet. C’est donc au niveau des jeux en ligne et des réseaux sociaux, activités préférées des internautes chinois, que les pirates informatiques agissent pour piller tout ce qui a de la valeur.

A Shanghai s’est d’ailleurs tenu le procès d’une véritable petite mafia du virtuel qui a dévalisé les comptes de huit millions de joueurs et organisé un réseau de revente dans 16 provinces chinoises grâce à un cheval de Troie fait maison. Les messageries instantanées et les applications récentes liées au développement des réseaux sociaux en Chine sont également visées et Microsoft s’est associé avec Kingsoft pour sécuriser sa version locale de MSN.

Construire une offre appropriée au marché chinois

Dans ce contexte assez spécifique, les producteurs d’antivirus chinois sont avantagés, car ils sont moins chers que les Occidentaux et plus réactifs aux usages locaux d’Internet. « Les logiciels étrangers sont souvent mieux faits mais trop chers et pas étudiés pour des applications locales très populaires comme la messagerie QQ, m’explique un jeune vendeur en informatique. Le public est encore peu mature sur les questions de sécurité et regarde avant tout le prix. Mais il devient de plus en plus exigeant. A mon avis, les gens seront bientôt prêts à payer plus pour un meilleur produit. »

Avec des logiciels pirates à 10 euros, accessibles partout, les Chinois ne sont pas habitués à dépenser pour leur PC mais le risque de perdre le bénéfice de longues heures de jeux ou son avatar favori devrait soutenir le marché de la sécurité Internet. Reste à proposer une offre adaptée aux spécificités de la Toile chinoise.

de notre correspondant à Pékin Nicolas Sridi | 01net. | le 02/12/2009

(Source :01net Pro)