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La nocivité du mobile n’est toujours pas prouvée

Sécurité - Les résultats de la plus ancienne étude sur les dangers des téléphones portables viennent d’être publiés. Même si elle remarque une recrudescence de certaines tumeurs, aucun lien ne peut être établi.

Dix ans ne suffisent pas. C’est la conclusion de l’étude Interphone (lien) du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) de l’Organisme Mondiale de la Santé (OMS). Depuis 2000, elle surveille l’impact de l’utilisation du téléphone portable sur le développement de tumeurs. Soit l’étude la plus longue, et l’une des plus attendues, sur le sujet.

Elle portait sur plus de 6 600 personnes de 30 à 59 ans atteintes de tumeurs du cerveau (gliome et méningiome), du nerf acoustique ou de la glande salivaire, comparées à des personnes saines. L’étude a été menée dans dans 13 pays (Allemagne, Australie, Canada, Danemark, Finlande, France, Israël, Italie, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et Suède).

Des risques de tumeurs croissants mais sans lien vérifiable

Sur cette période, chaque pays a produit un rapport annuel. Le volet 2007 pour la France pointait ainsi une possibilité de risque accru de gliome pour les « forts utilisateurs », comprenant ceux habitués à des appels de plus de cinq minutes, sans pour autant que ce chiffre ne soit significatif.

Mais pour Christopher Wild, directeur du Circ « il n’y a pas de risque accru, en accord avec le large corpus d’études et d’avis d’experts qui concluent constamment que les émissions radio respectueuses des recommandations de sécurité internationales ne représentent pas de risque pour la santé ».

Il ajoute que « les résultats publiés aujourd’hui soulignent l’importance d’utiliser des analyses complètes et approfondies avant d’arriver à des conclusions ». L’étude Interphone, pourtant si attendue, ne serait donc pas encore assez élaborée, dix ans étant une période trop courte pour juger des risques.

Une future étude centrée sur les jeunes

Selon l’étude, la majorité des participants téléphonent entre 2h et 2h30 par mois. 10% d’entre eux l’utilisent plus intensivement, plus d’une demi-heure par jour. Chez ces derniers, le risque d’être atteint d’un gliome augmenterait de 40% et d’un méningiome de 15%, même si le lien de cause à effet n’est pas établi, du fait « des biais et des erreurs ».

En dix ans, l’utilisation des téléphones portables s’est répandue, leurs émissions ont diminuées et de nouveaux usages ont émergé (notamment le SMS) qui limitent le recours à la voix, donc à la partie la plus génératrice d’émissions.

L’utilisation intensive (une demi-heure par jour) s’est banalisée en dix ans et les chercheurs appellent à poursuivre l’étude pour tenir compte de l’utilisation croissante de ces objets chez les adolescents. Ce sera la mission de Mobikids, qui couvrira les usages de ce public.

Rappelons qu’il y a exactement un an, le Grenelle des ondes en France n’a pas été capable de trancher la question. Outre l’expérimentation de l’abaissement des valeurs d’émission des antennes-relais de 41 V/m à 0,6 V/m, les experts ont préconisé l’interdiction de l’usage du portable à l’école primaire et pour la limitation de l’usage du portable classique par les enfants.

par Guénaël Pépin, ZDNet France. Publié le 17 mai 2010

Source : ZDNet