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Confidentialité et identités multiples : l’avenir des réseaux sociaux ?

CommentCaMarche le mercredi 8 septembre 2010 à 10:31:23

Diaspora, Hibe, Folkdirect : ces noms ne vous disent peut-être rien... Sans être des Facebook Killers, ces nouveaux réseaux sociaux veulent pourtant proposer une alternative crédible au modèle imposé par le géant du web. En s’appuyant sur plusieurs fondamentaux : meilleure sécurisation des données, contrôle accru des informations partagées, possibilité de créer des identités "multiples". Des fonctionnalités qui anticipent sur les changements de comportements des utilisateurs dans les années à venir : avec davantage d’exigence en matière de confidentialité, et surtout la volonté de présenter plusieurs "visages" à sa communauté. Des évolutions complexes qui sans menacer directement l’hégémonie de Facebook, questionnent la pérennité de son fonctionnement à plus long terme.

Le respect de la vie privée au coeur du projet Diaspora

Bâti sur un modèle opposé à celui de Facebook, le réseau social Open Source Diaspora, qui sera lancé le 15 septembre, axe son développement sur le respect de la confidentialité des données partagées par ses membres. Sur le site "KickStarter", qui a permis à Diaspora de se faire connaître et de récolter 20 fois plus de fonds que prévus initialement, les créateurs accusent les "gros réseaux sociaux qui affirment que le partage de données et la vie privée sont mutuellement exclusifs". Les fondateurs précisent que via Diaspora, les utilisateurs pourront contrôler où leurs données seront stockées (ex : hébergement sur serveur local) et en resteront propriétaires, ils pourront donc savoir précisément avec qui ils les partagent et les effacer librement si besoin (sur un modèle d’échange peer-to-peer). Si d’un point de vue technique, Diaspora risque de demander quelques connaissances au départ, le service devrait évoluer vers "un service hébergé clé-en-main pour les moins aguerris", à l’image d’une plateforme comme Wordpress.

L’arrivée de Diaspora pourrait être considérée comme un épiphénomène... N’était le "bad buzz" autour des conditions d’utilisation des données privées des membres de Facebook, favorable à l’émergence de réseaux d’un nouveau genre : en janvier dernier, Folkdirect, un "Facebook-like" alliant chat, blog, mur d’échanges, création de groupe et jeux en lignes voyait le jour, avec comme principale devise, le contrôle des paramètres de vie privée : "Vos informations ne sont pas utilisées à des fins publicitaires, et aucune application tierce ne sera autorisée à les siphonner" peut-on lire en page d’accueil du réseau social.

Les réseaux promouvant les "personnalités multiples" : future tendance lourde ?

Outre le respect de la "confidentialité" des données utilisateurs, Diaspora s’inscrit dans une autre tendance : celle de la création d’identités totalement étanches les unes des autres sur les réseaux sociaux, en favorisant le contrôle des informations partagées. Un évolution à laquelle le patron de Facebook Mark Zuckerberg, cité par David Kirpatrick dans son livre Facebook Effect, ne croit pas : "Il n’y a qu’une seule identité aujourd’hui. Les jours où vous pouviez projeter des images distinctes de vous-même entre vos relations de travail et vos amis sont comptés. Avoir deux identités séparées, c’est un manque d’intégrité". Avec Diaspora, impossible de lire "comme dans un livre" les détails de la vie d’un utilisateur, car celui-ci présente des facettes différentes de son identité, aux membres de son choix.

Un concept totalement assumé par un autre réseau social, "Hibe", qui croit en la "schizophrénie" des internautes et mise sur le fait que l’identité numérique est composite. Les concepteurs de Hibe situent ainsi leur réseau social à l’avant-garde du "Social Web 3.0" : avec pour devises l’attachement à la vie privée, et le droit à la personnalité multiple. En clair, là ou Facebook partage l’information sans discrimination, Hibe donne aux utilisateurs la possibilité de créer des "facettes" selon leurs intérêts (ex : sport, culture, littérature, etc) : ils peuvent ainsi restreindre le partage d’informations à des groupes de contacts présélectionnés, à l’intérieur de chaque "facette". Une évolution que l’on a également constaté chez Okurt, le réseau social de Google, qui permet depuis quelques semaines de créer différents "profils", entre lesquels l’utilisateur peut naviguer pour interagir avec les membres de son réseau.

Source : CommentCaMarche