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IPv4 : les dernières adresses allouées dans quelques mois

Edition du 20/10/2010 - par Jean Elyan avec IDG NS

L’allocation prochaine des derniers blocs d’adresses IP risque d’entraîner une pénurie au niveau mondial - une éventualité attendue depuis plusieurs années - et met les opérateurs réseau sous pression pour passer au système IPv6 plus récent, et qui apporterait surtout une capacité immense en nombre d’adresses disponibles.

LMI

Par Jean Elyan, avec IDG NS

Les acteurs de l’Internet sont appelés à prendre des mesures radicales pour adopter l’IPv6 et éviter le chaos du net. En effet, l’organisme chargé de l’attribution des adresses Internet annonce qu’il allouera les derniers blocs d’adresses IPv4 aux registrars régionaux en début d’année prochaine. Après la récente affectation de numéros IPv4 à l’APNIC (Asia Pacific Network Information Center), le Registre Internet Régional (RIR) pour la région Asie-Pacifique, la NRO (Number Resources Organization) qui regroupe les cinq registres régionaux (AfriNIC, pour l’Afrique ; APNIC, pour la région Asie-Pacifique ; ARIN, pour l’Amérique du Nord et de nombreux pays des Caraïbes ; LACNIC, siégeant en Amérique latine et dans certains pays des Caraïbes et RIPE, pour l’Europe, le Moyen-Orient et certaines parties de l’Asie centrale), a déclaré que la réserve mondiale d’adresses qu’il gère se limite actuellement à 12 blocs. Chaque bloc représentant 16 millions d’adresses, il lui reste donc 1/256ème des quelque 4 milliards d’adresses IPv4 disponibles. « C’est une étape importante dans la vie de l’Internet. Elle signifie que l’attribution des derniers blocs d’adresses IPv4 pour les RIR est imminente, » a déclaré Axel Pawlik, président du NRO, dans un communiqué. « Il est essentiel que tous les acteurs de l’Internet prennent maintenant des mesures radicales pour assurer l’adoption rapide de l’IPv6. »

Une explosion du nombre de terminaux

Les adresses IP sont au coeur de la communication sur Internet. Chaque smartphone, ordinateur, serveur et routeur connecté au world wide web a besoin de sa propre adresse, et le trafic acheminé à travers le réseau mondial ne peut se faire que via ces adresses. Définies au début des années 80, à l’époque où l’Internet se limitait en grande partie aux universités et aux laboratoires de recherche, les adresses IPv4 en 32 bits semblaient suffisantes. C’est dans les années 90, 10 ans plus tard, que l’on a commencé à se préoccuper du jour où le stock d’adresses IPv4 serait épuisé. Ces inquiétudes se sont confirmées dans le milieu des années 90, au moment où les entreprises et les utilisateurs particuliers ont commencé à avoir accès à Internet. À la même époque, en 1995, l’Internet Engineering Task Force publiait les spécifications d’une nouvelle version du protocole Internet, l’IPv6, laquelle permettait de passer d’un adressage 32 bits à un adressage 128 bits. Le nouveau protocole apportait une augmentation massive du nombre d’adresses disponibles, mais l’incompatibilité entre les deux systèmes a ralenti son adoption. Les technologies de type NAT (network address translation), qui permettent à plusieurs périphériques de partager la même adresse IPv4, ont retardé l’épuisement inévitable des adresses IPv4, mais maintenant, autant dire que ce moment est proche.

Une pénurie attendue courant 2011

« Les cinq derniers blocs seront répartis équitablement entre tous les registres, ce qui signifie qu’il reste seulement sept blocs disponibles dans le cadre du système de distribution normale, » a déclaré le représentant de la NRO, l’organisme chargé de l’attribution des blocs aux cinq registres Internet régionaux, lesquels ont pour rôle de les transmettre à leur tour aux entreprises et organisations de leurs régions respectives. « Au rythme de livraison actuel, nous serons arrivés à épuisement début 2011, » a-t-il ajouté. Les adresses seront un temps détenues par les registres régionaux avant d’être réparties dans leur espace géographique, de sorte que la fin effective de délivrance des adresses IPv4 à l’utilisateur final ne se manifestera pas avant quelques mois, courant 2011.

La livraison du dernier bloc d’adresse IPv4 par la NRO ne devrait pas modifier grand-chose pour les utilisateurs finaux. Le passage à l’IPv6 est déjà en cours et une grande partie de l’infrastructure centrale de l’Internet travaille déjà sous le nouveau protocole. « Bien que de vastes portions du réseau ne sont pas encore converties, nous ne pensons pas qu’il y aura une ruée de dernière minute pour les adresses IPv4. Cela indique qu’il existe une forte dynamique pour l’adoption de l’IPv6, » a déclaré le représentant de la NRO.

Source : lemondeinformatique