Intrapole
VOUS  TES ICI : Accueil » Intrapole » Actualité »

Une attaque en déni de service sur des ONG qui ont dénoncé la torture en Papouasie

Par Sylvaine Luckx le 29/10/2010

La publication d’images de soldats indonésiens en train de torturer des Papous a provoqué une attaque de type déni de service sur les sites Web des organismes de bienfaisance qui travaillent là-bas.

Les sites Internet de Survival International, et au moins cinq des autres organisations qui travaillent en Papouasie occidentale ont été terrassés par l’attaque en déni de service (DDoS). L’attaque a débuté aux alentours de 17 h le mercredi. Elle a ensuite augmenté en intensité au cours de la soirée. L’attaque est toujours en cours, même si les informations contenues sur le site sont maintenant sauvegardées.

L’assaut a été déclaré une semaine après que Survival International aie publié des images de torture des soldats indonésiens sur la population, et près d’un mois après que l’organisme de bienfaisance aie appelé à boycotter le Botswana, sur son action de persécution sur les bushmen du Kalahari.

Survival International accuse les autorités botswannienes ou indonésiennes d’avoir lancé l’attaque sur leur site.

D’autres sites d’ONG qui ont montré des images de torture, ont été attaqués, par exemple ceux de Friends of People Close To Nature, ou bien West Papua Media Alert. Cet élément, ajouté au fait qu’il y a des compétences de piratage bien plus en Indonésie qu’au Botswana, laisse présager, selon les ONG, que l’attaque en DDoS est partie des Indes Orientales.

Stephan Corry, directeur de Survival International, a déclaré que les attaques « n’étaient pas le fait d’un couple de geeks oubliés dans leur coin, mais elles ont été coûteuses et sophistiquées. C’est plutôt le fait d’un groupe de cyberterroristes » s’avance –t-il.

Survival estime qu’il s’agit là d’un procédé utilisé pour faire taire l’action des ONG, et d’amoindrir leur capacité de résistance, comme cela s’est pratiqué en durant le conflit russo-géorgien il y a deux ans, et comme cela se pratique encore contre des militants du Tibet.

José Nazario, chercheur en sécurité chez Arbor Networks, spécialiste des DDoS, souligne que les cyber attaques contre les ONG et les organismes de bienfaisance sont en train de progresser.

Le cas d’un individu, sympathisant du gouvernement en place, qui attaque des sites d’ONG qui font des accusations n’est pas rare », établit-il. Cela se pratique abondamment dans certaines parties du monde.

Il s’empresse de rajouter qu’il ne sait pas qui est derrière cette attaque, et qu’il se garderait bien de faire un pronostic.

Mais le fait que la cyberguerre devienne de plus en plus une arme, peu chère, efficace, silencieuse et redoutable, car elle détruit l’accès à l’information libre, une arme au service des gouvernements ou des groupes terroristes est une réalité de plus en plus présente. Il va falloir en tenir compte dans l’élaboration des scénarii de risques.

Source : mag-securs.com